Les routines capillaires s'allongent, faisant du cuir chevelu un nouvel enjeu.

Sur le rebord de la baignoire, tout un arsenal: shampoing, après-shampoing, masque, les classiques sont là. Mais ils ne sont plus seuls. Autour d’eux se greffent de nouveaux venus: un premier shampoing scrub pour débarrasser le cuir chevelu de tout résidu indésirable – oui, comme un gommage pour le visage! –, un sérum pour stimuler la racine, un gloss liquide pour ajouter un éclat «comme le reflet d’un diamant» sur les longueurs. Voilà une armée de contenants aux promesses sophistiquées. Et encore! Ceci n’est que la partie immergée de la routine capillaire, celle qui se joue sous la douche. On ne parle pas encore des soins à ajouter à la sortie: huile, crème, protection contre la chaleur du sèche-cheveux, sérum en pipette si concentré que son flacon rivalise en taille avec ceux de la skincare.

Le sentiment est mitigé. Il y a l’envie d’obtenir des cheveux aussi soignés qu’après un passage chez le coiffeur, associée à la curiosité du résultat. Et puis, en miroir, la crainte de se tromper: dans l’ordre d’application, le geste, le temps de pose. Le vendeur avait pourtant expliqué: pour des cheveux secs, commencer par le gloss, puis terminer par le scrub… Ou était-ce l’inverse? Zut!

Les soins capillaires à domicile connaissent aujourd’hui un essor remarquable. Longtemps, masques et après-shampoings ont incarné à eux seuls la brillance et la bonne santé apparente du cheveu. Désormais, l’objectif se déplace: agir à la fois sur la racine et sur la fibre, pour une santé capillaire pensée dans la durée. «On ne lave plus seulement les cheveux pour les rendre beaux, mais pour créer les conditions de leur bonne santé dans le temps», résume Christelle Duhamel, experte capillaire Salon & Spa Capillaire René Furterer. Une approche qui déplace le centre de gravité du soin: du résultat immédiat vers la prévention, de ce qui se voit vers ce qui se construit.

Prendre le mal à la racine

Premier concerné: le cuir chevelu. On commence désormais à le soigner avant même le shampoing. Le scrub – ou soin détox – s’impose comme une nouvelle étape du rituel. Une sorte de peeling capillaire, destiné à assainir la peau et à la nettoyer plus en profondeur. Mais nettoyer quoi, exactement? «Les peelings du cuir chevelu ne sont pas mauvais en soi, mais ils ne doivent pas être utilisés n’importe comment, prévient la trichologue Vicky Terry (oui, c’est ainsi que s’appelle la science du cuir chevelu). Aujourd’hui, tout s’appelle peeling. Or, exfolier sans savoir ce qu’on fait peut provoquer l’effet inverse de celui recherché.» Car tous les cuirs chevelus ne se ressemblent pas. Ce n’est pas parce que les longueurs sont sèches que la racine l’est aussi. Ni parce que ça gratte que la peau manque d’hydratation.

«On ne peut pas savoir de quoi souffre un cuir chevelu sans aller regarder. C’est indispensable», insiste la spécialiste. Une analyse permet ainsi de déterminer si un soin exfoliant est nécessaire – ou au contraire déconseillé. Du côté des marques, les diagnostics en salon visent justement à objectiver l’état réel du cuir chevelu avant toute recommandation. «En analysant des paramètres comme la densité, la qualité de l’ancrage ou l’équilibre du cuir chevelu, ces outils permettent de mettre en place des routines plus précoces et plus ciblées», complète Christelle Duhamel.

Les longueurs ne sont pas en reste

Autres stars des rayons: les sérums à appliquer directement sur le cuir chevelu, souvent présentés comme des solutions contre la chute ou pour stimuler la repousse. Là encore, prudence. «La chute de cheveux n’est jamais une cause, c’est une conséquence, rappelle la trichologue Vicky Terry. Mettre un sérum sans comprendre l’état du cuir chevelu, c’est comme mettre de l’engrais sur une plante sans savoir pourquoi elle va mal.»
Soigner la racine ne suffit pourtant pas. La fibre capillaire, elle aussi, a des besoins spécifiques. «Un cheveu peut très bien pousser correctement et se fragiliser sur les longueurs, explique Christelle Duhamel. Les pointes sont la partie la plus exposée: les nourrir, les réparer et les protéger permet de préserver la matière, la brillance et la tenue du cheveu dans le temps.» D’où l’importance de distinguer les rôles: aux sérums, l’ancrage et la stimulation; aux masques et soins ciblés, la réparation et la résistance de la fibre. «Multiplier les étapes ne signifie pas complexifier pour complexifier, poursuit l’experte, mais adapter le soin à la physiologie de chaque zone, exactement comme on le fait pour le visage avec le nettoyage, le sérum et la crème.» De nouveaux venus font leur apparition dans le secteur, à l’instar  de Dyson, qui a élargi sa gamme sèche-cheveux par des produits capillaires. Le traitement Amino du cuir chevelu est développé à partir de l’orge cultivé dans leurs fermes.

Cette approche globale n’est pas sans rappeler les routines de soin du visage. Nettoyer, traiter, protéger: la logique est la même. Et, comme pour la peau, la recherche capillaire s’intéresse désormais aux rythmes biologiques, à l’image des travaux menés chez René Furterer sur le cycle circadien du cheveu durant la nuit. Affaire à suivre… 

Nouveaux alliés