
Italienne d’origine, la CEO de la marque horlogère Audemars Piguet évoque les valeurs qui la font vibrer: gourmandise et élégante simplicité.
Depuis plus de deux ans à la tête d’Audemars Piguet, la Napolitaine qui aime parler avec les mains s’est éprise de l’ambiance plus austère – et plus froide! – de cette vallée de Joux qui berce les fondements de la marque horlogère.

Elle qui vient de l’industrie du parfum (Procter & Gamble, puis Firmenich) s’est installée pour la première fois au bord du Léman en 2002 et a tout de suite entendu parler du lac de Joux gelé en hiver (photo), de cette magie à laquelle on pouvait, parfois, accéder patins aux pieds.
«J’aime la nature, dit-elle. J’ai beaucoup fait de course à pied, du tennis et de la randonnée aujourd’hui. Les paysages sauvages me parlent beaucoup.» Le monde de l’horlogerie l’a happée en lui parlant au cœur, avec peut-être aussi ce mélange d’extrême raffinement et de simplicité, qu’il s’agisse de paysages, d’artisans, de valeurs. Mère de deux enfants adolescents, Ilaria Resta garde la tête sur les épaules dans ce monde de luxe, appréciant la vie et les clubs de sport de son village… et un sandwich avec promenade en guise de repas de midi.
Êtes-vous gourmande?
Absolument! J’adore manger et je suis servie, avec le merveilleux restaurant de l’Hôtel des Horlogers, au Brassus. Dès lors, je mange léger à la maison et j’ai un principe: ne jamais acheter de glace au chocolat. Trop dangereux!

Quelle est la montre qui vous a le plus séduite?
Je porte plusieurs montres Audemars Piguet. Mais celle qui me touche le plus, émotionnellement, est le Quantième Perpétuel (photo) que nous avons lancé en janvier. J’ai assisté à tout le développement en interne et j’adore le sand gold, cet or un peu rosé, très discret, dont la brillance change selon la lumière.
Votre définition de l’élégance?
J’aime que l’horlogerie, contrairement à la mode, ne suive pas la dernière tendance mais crée pour des centaines d’années. L’élégance, c’est trouver un style en accord avec sa personnalité. Pour moi, cela passe par des tailleurs aux teintes sobres, comme ceux de Max Mara (photo) ou de Prada, et des chaussures confortables. Je cherche une liberté de mouvement, des coupes intemporelles et des textures magnifiques.


Et quel parfum pour accompagner?
J’en ai une belle collection, mais mon favori est Santal 33 (photo), de Le Labo. Un peu boisé, chypré, à la fois féminin et masculin.
Quel livre à votre chevet?
Je voue un culte au roman «4 3 2 1» de Paul Auster, qui met en scène les conséquences de chaque choix de vie. Mais je citerai aussi «The Watch» (photo), que nous venons de publier: une somme sur l’histoire des montres, très ludique et agréable à lire.


Une oeuvre d’art qui vous touche?
J’ai étudié l’histoire de l’art à Naples et, depuis mes 10 ans, je reste fascinée par le «Cristo Velato» (photo) de la chapelle San-severo. Ce voile de marbre qui recouvre le corps du Christ semble vraiment transparent et aérien. C’est très impressionant.

