
Pour la tomate goûtue, la vraie, il faudra attendre juin. Mais pour l’illusion de tomate, le fantôme olfactif et délicieusement tentateur, c’est quand vous voulez, et il n’y a que l’embarras du choix. Depuis quelques mois, les plus prisées des senteurs d’intérieur s’emploient à reproduire l’ambiance potagère dans ce qu’elle a de plus gourmand, de plus charnu, de plus ensoleillé. Voici donc des bougies, sprays ou diffuseurs qui évoquent la tomate, comme si vous étiez en plein champ, un soir d’été, quand la chaleur a attendri les chairs et que le monde sourit. De grâce: croquez!
La plus puriste des bougies olfactives à la gloire du fruit joufflu est sans doute celle de Loewe. Une marque de mode espagnole très sophistiquée, mais aussi une manière de penser résolument non conventionnelle. Le nez Nuria Cruelles – de concert alors avec le designer Jonathan Anderson, passé, depuis chez Dior – a voulu un parfum d’intérieur «vrai» et «botanique». Le résultat est sorti en été dernier, et l’engouement n’a pas fléchi depuis, tant cette ivresse de tige et de verdeur feuillue (ce sont elles qui sentent, pas le fruit) a le pouvoir de transmettre fraîcheur et joie.
Dans la foule des déclinaisons tomatées – outre la bougie Feuille de tomate de la maison suisse Mizensir ou la 07 de Bon Parfumeur –, on retiendra le parfum d’intérieur Tomate aristocrate, du Prince Jardinier. L’espiègle marque française donne dans les pelles, épinettes et sécateurs si beaux et précieux qu’on a envie de les porter autour du cou. Louis Albert de Broglie, le prince en question, entretient par ailleurs, dans son château de la Bourdaisière, en Touraine, un conservatoire français de la tomate, riche de 800 variétés. Il vient d’en faire un livre, avec son chef jardinier, Nicolas Toutain (Editions Ulmer). Qui aurait parié que cette brave solanacée accéderait soudain à tant de lettres de noblesse?

